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Election présidentielle autrichienne : analyse du 1er tour

28 Avril 2016, 09:44am

Publié par WIEN VIENNA VIENNE.......

L'élection présidentielle dans ce pays est souvent l'occasion d'élire une personne et non un parti. Généralement, on choisit une personne assez âgée, représentant l'image du sage et respectueuse du concept de consensus très important ici. Si en plus, la personne est catholique, tout va pour le mieux.

Certes le président a peu de pouvoir (plus qu'en Allemagne car il est chef des armées et nomme le chancelier) mais il a une image forte et pas seulement dans le domaine moral. Par exemple Heinz FISCHER, le président sortant, menait la délégation économique de dirigeants qui se rendit l'an dernier en Iran, dès que l'accord sur le nucléaire fut signé.

Enfin, ceci survient alors que les effets dévastateurs d'image de la mise au ban de l'Autriche, lors de l'élection au siècle dernier de Kurt WALDHEIM (*), avaient à peu près disparu, et qu'on était donc revenu dans le concept traditionnel d'un président "grand-père de l'Autriche".

(*) ancien secrétaire de l'ONU mais aussi capitaine dans la Wehrmacht pendant la 2ème guerre modiale, et dans des état-majors de généraux plutôt portés sur la répression (Balkans,...).

 

Et là, patatras, au terme d'une campagne assez terne, c'est le jeune candidat de la droite nationale forte FPÖ, Norbert HOFER, qui vire en tête à 35% et largement devant Mr Van der Bellen à 21% (ex chef des ecologistes) et Mme Griss à 19% (indépendante mais plutôt de droite). Les candidats des deux partis au pouvoir ÖVP et SPO sont même totalement laminés et pointent péniblement en 4ème et 5ème position avec 11% chacun. Un autre candidat indépendant, qui a fait fortune dans l'immobilier, ferme la marche avec 2% (et encore les électeurs ont voté pour lui sûrement à cause de sa femme bimbo de 40 ans de moins que lui...). Il n' y a même pas l'effet de maximisation des votes protestataires suite à une faible participation, car celle-ci fut tout à fait honorable (au-dessus de 60%).

En synthèse, comme le montre l'image de l'Autriche en ce lendemain d'élections, le pays est devenu "bleu" couleur du FPÖ. Seules Vienne et Graz résistent en étant vertes.

Surprise? Oui car même les derniers sondages donnaient Mr Hofer à 22% en 2ème position et que le vote final le place à 35%. Il faut dire que les insituts de sondage autrichiens sont assez nuls et ils sont par exemple soupçonnés fortement de manipulations, en ayant surestimé le vote FPÖ lors des élections régionales de Vienne dans le but de faire peur à l'électorat de gauche et donc de les inciter à voter en masse pour le maire sortant (Mr Haüpl du SPÖ).

Surprise? Non pour le rédacteur de ce blogue qui avait prévu dès la fin des élections régionales à Vienne que le FPÖ était devenu le premier parti d'Autriche et que cela se verrait à la prochaine élection nationale. A force d'être régulièrement à 30% de voix, une fois derrière l'ÖVP une fois derrière le SPÖ, passer premier était devenu mathématiquement sûr. Certes, l'effet est amplifié sur une élection à enjeu moyen, car il est vraisemblable que ce vote fut aussi un vote de défiance par rapport aux 2 partis traditionnels de la grande coalition au pouvoir depuis des années (ÖVP/SPÖ).

La "crise des migrants" est mise en avant comme un autre facteur de ce résultat, illustrant un repli sur soi compréhensible. Un million de personnes (d'une religion autre) qui sont passées depuis un an sur le territoire ont désorganisé les structures d'accueil de ce pays, dont on redécouvre la position centrale en Europe. Maintenant que l'on fait les comptes, il s'agit d'une somme annuelle de 2 milliards d'euros de dépenses complémentaires. De plus la vie quotidienne est gênée par de nombreuses actions de contrôles aux frontières qui se généralisent dans tout le pays (Nickelsdorf, Brenner, Spielfeld,....). Donc le ras-le-bol est bien là.

Et maintenant place au second tour qui se déroulera 4 semaines plus tard, soit le 22 mai. L'avance de Mr Hofer est telle qu'une élection est probable, car jamais les électeurs ne feront de reports massifs de leur vote sur un écologiste comme Mr Van der Bellen. Les pressions exercées, en particulier par l'éternel ennemi allemand, ne feront en plus qu'exacerber la volonté de la majorité de confirmer le vote de dimanche dernier. On entendait à la radio cette semaine des débats où il était "hors de question d'aller prendre des instructions à Berlin" (comprendre : les Prussiens, restez chez vous, en plus avec votre Merkel qui a mis un bazar sans nom chez nous en 2015, avec ses propos sur les réfugiés !!!!).

Reste à savoir ce que Mr Hofer va faire, et en particulier s'il décide de dissoudre le Parlement pour provoquer des élections nationales anticipées. Ce serait sûrement une erreur car il ne respecterait à son tour pas la décision des urnes, ce qui ici est classé comme faute lourde.

La carte de l'Autriche après le vote du premier tour et les résultats detaillés.
La carte de l'Autriche après le vote du premier tour et les résultats detaillés.La carte de l'Autriche après le vote du premier tour et les résultats detaillés.

La carte de l'Autriche après le vote du premier tour et les résultats detaillés.

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Jerome Segal 29/04/2016 08:58

Le JDD c'était deux phrases choisies par le journaliste.
Mon analyse est ici https://jsegalavienne.wordpress.com/2016/04/25/prise-de-pouvoir-de-lextreme-droite-en-autriche/
Bien cordialement,
Jérôme
PS/ Il y a encore qqs coquilles si vous êtes intéressé(e)

Jerome Segal 29/04/2016 01:25

Qualifier le FPÖ de "droite nationale" et Van der Bellen "d'écologiste donneur de leçons" en dit long sur votre orientation.
Il y a par ailleurs une dizaine de fautes.
Hans FISCHER => Heinz FISCHER
raz-le-bol => ras-le-bol
etc.

Auteur 29/04/2016 08:50

Merci de vos remarques qui ont été bien sûr prises en compte.
Il s'agit que d'une analyse dont la pertinence ne peut être vérifiée que le 22 mai au soir.
J'avais lu votre analyse dans l'article du JDD de la semaine dernière et je la respecte aussi.
Cordialement.