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Austerlitz "2S2015" : la reconstitution du 210ème anniversaire

13 Décembre 2015, 09:00am

Publié par WIEN VIENNA VIENNE.......

Après deux tentatives avortées, Benoit a pu aller avec un groupe de français de Vienne à la reconstitution de la bataille d’Austerlitz en Moravie (République Tchèque), sous la houlette de Mr Ouvrard qui organise chaque année ce voyage en tant que correspondant du Souvenir Napoléonien et historien spécialisé de l'Empereur (il a écrit plusieurs livres).

Ceci était à l’occasion du 210ème anniversaire de la bataille qui s’est déroulée le 2 décembre 1805 ou 2S en langage de saint-cyrien : en effet, les dix lettres du mot Austerlitz composent les 10 mois de la scolarité à Saint-Cyr, celle-ci commençant en Octobre (A). Donc Décembre est (S) et comme la bataille fut le 2, cela se dit « 2S » ou « 2S2015 » pour cette année.

Donc ce fut un départ un samedi à 07.00 heures du matin par une sombre journée de décembre, avec vêtement de skis, chaussures de marche, sac à dos alpin, bref la tenue de randonnée alpine et, très important, le tome des Mémoires du Général Baron de Marbot narrant cette bataille (famille alliée aux Martin de Boislecomte dont nous descendons).

Pas mal de personnes de l’Ambassade étaient présentes ainsi que 3 Saint-Cyriens en grand uniforme, qui finissaient leur stage de 3ème année à l’école militaire autrichienne de Wiener Neustadt.

Après deux heures en bus, nous arrivons enfin au Zoran, petit carré de terre appartenant à la France et où Napoléon installa son QG pour diriger la bataille.

Mais d’abord un peu de recul car cette bataille contre les Russes et les Autrichiens a commencé 3 mois avant, quand Napoléon abandonne son projet d’envahir la perfide Albion (ndlr : l’Angleterre) et retourne brusquement les 7 corps d’armée vers l’Est pour aller battre les Russes et les Autrichiens qui se sont coalisés avec les Anglais (restés sur leur île).

En 3 mois, il réussit à faire avancer 100.000 hommes depuis Boulogne sur Mer jusqu’en Autriche. Au passage, il encercle l’avant-garde autrichienne à Ulm, remonte le Danube, résiste à 1 contre 4 dans la Wachau à Dürnstein contre des troupes du maréchal Koutouzov, prend Vienne et un pont stratégique sur le Danube et attire les coalisés sur un terrain un peu accidenté près de Brünn (Brno aujourd’hui en Moravie).

Sur ce terrain de collines, les troupes aguerries et meilleures tactiquement parlant de Napoléon vont pouvoir compenser leur infériorité numérique, car le terrain est peu propice aux mouvements de grandes unités. Napoléon mène aussi une campagne de désinformation en faisant croire lors de rencontres avec des envoyés des coalisés qu’il est faible. Il se retire même de la hauteur stratégique du Pratzen qu’il leur laisse, et dégarnit son front sud (le plus proche de Vienne). La nuit d’avant, des feux allumés par les soldats au passage de l’Empereur font croire que les français brûlent leurs campements.

Bref les coalisés pensent ne faire qu’une bouchée de l’armée française. Leur plan imaginé par un chef d’état-major fraichement nommé (le précédant ayant péri à la bataille de Dürnstein – une chance sans doute pour Napoléon), prévoit d’aller battre l’aile sud des français, et de les contourner pour couper la route vers Vienne, où l’armée française se serait repliée. Pour cela, 4 corps d’armée coalisés quittent la hauteur stratégique du Pratzen et font mouvement vers le sud. Au nord, il est prévu que les troupes de Bagration affrontent la cavalerie de Murat et les boutent en dehors du champ de bataille (qui en totalité fait 100 km2). Mais non seulement son plan est exactement ce qu’espère Napoléon, mais en plus il est fait dans la soirée précédant la bataille et rédigé en allemand. Les ¾ des troupes étant russes, il faut tout traduire, ce qui fait que les instructions arriveront parfois jusque tard dans la nuit. Cela ajoutera à la confusion, la cavalerie du Prince de Liechtenstein se retrouvant par exemple devant l’infanterie russe (ils mettront 2 heures à se replacer).

Napoléon lui a affaibli son flanc sud (droit) et a concentré des troupes au centre (2 divisions aux ordres de Soult) qui attendent en bas de la colline du Pratzen masquée par un épais brouillard. Comme attendu au jour levé les coalisés descendent vers le sud et attaquent le village de Tellnitz qui changera de mains souvent dans la journée. Heureusement pour les français, Napoléon a fait monter Davout de Vienne et son corps d’armée fait les 120 kms en 3 jours pour venir soutenir les troupes à cet endroit.

Pendant ce temps, vers 09.00 Napoléon lance les 2 divisions de Soult à l’assaut du Pratzen qui sera pris assez facilement. Les coalisés sont enfoncés au centre et tous les corps d’armée partis vers Tellnitz au sud sont pris à revers. Ils tentent des contre-attaques pour reprendre le Pratzen mais ce sera vain. Au nord Bagration et Murat se battent sur ce que l’on nomme le boulevard de la cavalerie qui est le long de la route entre Brünn et Olmutz. Les russes finissent par céder mais se replient en bon ordre, ce qui n’est pas le cas des troupes coalisées au sud qui sont attaquées de toute part et mises en pièces. Le bombardement par l’artillerie française sur des étangs au sud va accroitre la confusion car cela prend au piège les troupes coalisées.

Bref, la victoire est totale en quelques heures et les deux empereurs russe et autrichien se replient aussi. Le russe rentre chez lui (ce n’est pas la porte à côté car à cette époque il n’y avait pas d’avion) et l’autrichien accepte un armistice avec Napoléon qu’il rencontre le lendemain.

S’en suivront des négociations qui aboutiront à la paix de Pressburg (Bratislava aujourd’hui) qui confère à la France la moitié de l’Europe (tout ce qui est à l’ouest d’une ligne Hambourg-Venise).

Voilà la bataille résumée. Quant à cette journée, nous nous arrêtames d’abord au Zoran, lieu d’où Napoléon a dirigé la bataille, puis nous sommes passés au sommet de la colline du Pratzen où il y a un monument et un musée, et avons fini à la petite ville d’Austerlitz (est du champ de bataille) voir le château où Napoléon dormit.

Après direction le nord du champ de bataille pour assister pendant 1 heure 30 aux combats sur un grand terrain au pied de la petite église de Santon. Tout d'abord, nous nous restaurâmes sous une grande tente, où l'Empereur vint dire quelques mots. L'accès au buffet (charcuterie, soupe, fromage, vin chaud) fut une véritable bataille pour se faire une place et glaner quelques victuailles.

Il y avait 2.000 figurants (dont 100 cavaliers et 1 seul Napoléon) et pas loin de 20.000 spectateurs qui reconstituent les 3 sous-batailles du sud (Tellnitz) du centre (Pratzen) et du nord (route Brünn-Olmutz). Tous les costumes sont impeccables et on rencontre des figurants venant de tout pays (Tchéquie, Slovaquie, Autriche, France et même Bulgarie…).

Ca fume, ça tire, ca canonne pour le plus grand bonheur des petits et des grands, le tout par une belle après-midi, où le soleil a fini par se lever comme celui fameux du 2S….

Après visite de la vieille Poste, où existe un monument dédié aux chevaux morts et des écuries qui accueillent les chevaux bien vivants qui ont fait la reconstitution.

Ca y est, il est 4 heures 30 et il fait nuit noire, et ce sera le retour tranquille à Vienne avec deux heures de bus.

La reconstitution de la batailleLa reconstitution de la batailleLa reconstitution de la bataille
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La reconstitution de la bataille

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